Ressource pratique
Créer un passeport de communication utile sans réduire la personne à une fiche
Méthode non clinique pour créer, relire, partager et mettre à jour un passeport de communication court, actionnable, consenti et limité aux informations nécessaires.
Un passeport aide un nouvel interlocuteur ; il ne parle pas à la place de la personne
Un passeport de communication est un support court qui explique comment engager un échange, reconnaître les moyens utilisés, laisser le temps de répondre et vérifier une incompréhension. Il peut être utile lors d’un accueil, d’un remplacement, d’une sortie ou d’un changement de lieu. Il ne remplace ni le moyen de communication principal, ni l’observation directe, ni la parole de la personne.
Sa première règle est donc simple : s’adresser à la personne, rendre son support accessible et considérer le passeport comme une aide au partenaire. Une phrase comme « posez une question à la fois et attendez ma réponse » est actionnable. Une étiquette générale sur les capacités ou le comportement risque au contraire de figer une interprétation.
- Écrit avec la personne et révisable
- Compréhensible en moins de deux minutes
- Orienté vers les actions du partenaire
- Compatible avec plusieurs moyens de communication
- Limité aux informations réellement nécessaires
1. Définir la situation et le lecteur prévu
Un document destiné à l’accueil d’un musée n’a pas le même périmètre qu’un support remis à une équipe qui accompagne régulièrement la personne. Décrivez le contexte, le lecteur et la durée d’usage avant de choisir les informations. Cette borne évite de transformer un besoin ponctuel en dossier personnel permanent.
Préparez plusieurs versions si les destinataires ont des besoins différents : une carte très courte pour un commerce, une page pour une activité récurrente et un document séparé pour les personnes autorisées à connaître des informations plus sensibles. Une version unique et exhaustive expose trop de données et devient difficile à maintenir.
| Contexte | Lecteur | Contenu raisonnable |
|---|---|---|
| Accueil ponctuel | Personnel de réception | Adresse directe, attente, moyen de réponse |
| Activité régulière | Équipe identifiée | Repères stables, accès, réparation |
| Transport | Agent ou conducteur | Destination, aide demandée, urgence choisie |
| Rendez-vous | Interlocuteur concerné | Questions préparées et mode de confirmation |
| Secours | Personne qui aide | Messages essentiels et contact consenti |
2. Commencer par la façon d’entrer en relation
Les premières lignes indiquent comment saluer, attirer l’attention et présenter les choix. Elles rappellent de parler directement à la personne, de ne pas saisir son appareil sans accord et de ne pas confondre silence, délai ou mouvement avec une absence de réponse.
Évitez les injonctions vagues comme « soyez patient ». Décrivez une action observable : attendre après la question, montrer les options si la personne le souhaite, lire le message composé, reformuler comme hypothèse puis demander confirmation.
- Parlez-moi directement
- Montrez-moi où se trouve mon support si je le demande
- Laissez-moi le temps de composer
- Dites ce que vous avez compris
- Demandez-moi de confirmer
- Acceptez oui, non, geste, regard, texte ou pictogrammes selon la situation
3. Décrire les moyens sans classer la personne
Listez les moyens effectivement employés dans ce contexte : parole, signe, regard, objet, tableau papier, clavier, pictogrammes ou voix numérique. Indiquez ce que le partenaire peut observer et comment vérifier. Ne résumez pas la personne par « verbal », « non verbal », « niveau » ou « âge mental » : ces étiquettes ne donnent pas de procédure fiable et peuvent orienter l’échange avant qu’il commence.
Un même moyen peut varier avec la fatigue, le bruit, la position ou l’interlocuteur. Écrivez les conditions utiles sans transformer une variation en jugement. Par exemple : « le toucher direct est plus difficile debout ; posez le support sur une surface stable » décrit une adaptation vérifiable.
| À décrire | Formulation utile | À éviter |
|---|---|---|
| Initiative | Je peux commencer avec un geste ou une case | N’initie jamais |
| Temps | Attendez avant de répéter | Répond lentement |
| Confirmation | Je confirme avec oui/non ou le même choix | Comprend tout |
| Accès | Support stable et case visible | Ne sait pas utiliser |
| Variation | Le bruit peut gêner l’accès | Comportement difficile |
4. Rendre la réparation d’un malentendu explicite
Le passeport doit expliquer quoi faire lorsque le message n’est pas compris. Le partenaire peut montrer les éléments qu’il a identifiés, proposer deux interprétations sans les imposer, revenir à la dernière étape confirmée ou offrir le support de secours. Il ne devine pas en silence et ne clôt pas l’échange au premier échec.
Prévoyez des messages accessibles pour « non », « ce n’est pas ça », « je recommence », « montre-moi », « écris-le » et « demande à cette personne ». La réparation appartient à la communication ordinaire ; elle ne doit pas être cachée dans une page rarement accessible.
- Signaler honnêtement que le message n’est pas compris
- Dire la partie comprise
- Revenir au dernier élément confirmé
- Proposer un autre moyen
- Laisser la personne corriger
- Confirmer le sens avant d’agir
5. Minimiser les données et séparer l’essentiel du sensible
Un passeport peut révéler identité, habitudes, lieux, santé ou relations. N’inscrivez une information que si elle aide le lecteur prévu à communiquer dans la situation définie. Le diagnostic, l’adresse complète, les traitements, les identifiants administratifs et l’emploi du temps détaillé n’ont pas leur place par défaut.
Pour chaque champ, demandez qui en a besoin, pour quelle action, pendant combien de temps et avec quel autre moyen possible. La CNIL rappelle le principe de minimisation et l’importance des permissions proportionnées. Une photographie ou un QR code peut également exposer une URL, des métadonnées ou un document copiable : choisissez une diffusion bornée et révocable.
- Aucun diagnostic sans nécessité établie
- Aucune adresse ou date complète par confort
- Contact d’urgence choisi et daté
- Photo seulement avec accord et utilité
- Version publique séparée de la version restreinte
- Lien ou QR code sans jeton permanent ni donnée dans l’URL
6. Produire une première version lisible et testable
Une page suffit souvent. Utilisez des titres directs, des phrases courtes, un contraste élevé et une taille adaptée au support. Le passeport doit rester compréhensible imprimé, affiché sur téléphone ou lu par une technologie d’assistance lorsque ce format est prévu. Le texte ne dépend pas exclusivement d’une couleur ou d’un pictogramme.
Testez-le avec une personne qui ne connaît pas la situation : peut-elle expliquer comment commencer, attendre, confirmer et réparer ? Puis essayez dans le contexte réel avec la personne concernée. Corrigez une ambiguïté à la fois et conservez l’ancienne version le temps de valider la nouvelle.
- Écrire un objectif en une phrase
- Limiter à cinq ou six consignes prioritaires
- Ajouter les moyens et la réparation
- Relire avec la personne
- Tester avec un nouveau partenaire
- Dater et attribuer la version
7. Gérer partage, durée et retrait
Notez où se trouvent les exemplaires, qui peut les mettre à jour et quand ils doivent être détruits ou remplacés. Un document imprimé dans un sac, une capture envoyée par messagerie et un fichier sur un appareil sont trois copies distinctes. Une modification centrale ne les corrige pas automatiquement.
La personne doit pouvoir demander une correction ou le retrait d’une copie. Lorsqu’un accompagnement cesse, récupérez les supports qui n’ont plus de finalité. Un passeport ancien peut devenir trompeur même s’il était exact lors de sa création.
| Support | Contrôle | Risque |
|---|---|---|
| Carte imprimée | Numéro et date de version | Copie oubliée |
| Emplacement et destinataires connus | Transfert secondaire | |
| QR code | Lien révocable et page minimale | Accès durable non maîtrisé |
| Application locale | Export et restauration testés | Perte ou accès au terminal |
| Copie de secours | Lieu défini | Version différente du principal |
8. Exemple minimal et checklist de révision
Exemple : « Adressez-vous à moi. J’utilise un tableau et parfois des gestes. Posez une question, puis attendez. Si vous ne comprenez pas, dites la partie comprise et montrez-moi les choix ; je confirmerai. Ne prenez pas mon appareil sans me demander. En cas de panne, utilisez ma carte papier. » Le document peut ajouter un contact choisi si la situation le justifie, sans publier le reste du dossier personnel.
PictoVoice peut aider à préparer un tableau local et à en conserver des instantanés ; il ne crée pas automatiquement un passeport, ne décide pas des données à partager et ne chiffre pas un export. Le document reste utilisable indépendamment de l’application.
- Objectif et lecteurs identifiés
- Personne associée à la rédaction
- Consignes directement actionnables
- Réparation du malentendu prévue
- Données sensibles séparées
- Support accessible et secours disponible
- Version, date et responsable visibles
- Copies et retrait maîtrisés
- Révision après changement réel
- Aucune conclusion clinique
Sources
- Augmentative and Alternative Communication (AAC) · American Speech-Language-Hearing Association · vérifié le 24 août 2026
- Convention relative aux droits des personnes handicapées — articles 2 et 21 · Organisation des Nations unies · vérifié le 24 août 2026
- Article 21 — liberté d’expression et accès à l’information · Organisation des Nations unies · vérifié le 17 septembre 2026
- About AAC Systems · Communication Matters · vérifié le 17 septembre 2026
- Permissions dans les applications mobiles · CNIL · vérifié le 17 septembre 2026