Observation et besoin
Exprimer un inconfort ou demander de l’aide avec une CAA sans poser de diagnostic
Décrire une observation, son emplacement, son intensité et le besoin immédiat sans transformer un tableau de communication en outil de diagnostic.
Communiquer une expérience n’est pas diagnostiquer sa cause
Une personne peut vouloir dire qu’elle a mal, froid, chaud, faim, soif, peur, qu’un bruit gêne, qu’une posture est inconfortable ou qu’elle souhaite arrêter. Le message doit permettre de décrire ce qui est vécu et de demander une action immédiate, sans conclure à une maladie ou à une cause.
Le partenaire recueille le message avec les mots de la personne. Il ne transforme pas “ça brûle ici” en diagnostic et ne réduit pas “je ne veux plus” à un symptôme. Les professionnels compétents utilisent ensuite leurs propres procédures.
Cette page est un guide de communication non clinique. Elle ne permet pas d’évaluer une urgence, une douleur, un traitement ou la capacité à consentir.
Séparer observation, emplacement, évolution et besoin
Préparez quatre familles simples : ce que la personne observe ou ressent, où, depuis quand ou comment cela change, et ce qu’elle demande maintenant. Chaque famille doit permettre “je ne sais pas” et “autre chose”.
Une échelle choisie par la personne peut aider à comparer dans le temps, mais un chiffre n’est pas une mesure médicale universelle. Montrez les repères concrets utilisés : supportable ou non, empêche une activité, apparaît au mouvement, augmente ou diminue.
Le besoin peut être une pause, changer de position, diminuer le bruit, boire, appeler une personne, demander un professionnel ou arrêter l’activité. N’ajoutez pas automatiquement un médicament ou un geste de soin.
| Dimension | Exemples de messages | Limite |
|---|---|---|
| Observation | ça fait mal, ça gêne, j’ai peur | Ne nomme pas la cause |
| Emplacement | ici, côté gauche, partout | Peut rester imprécis |
| Évolution | commence, augmente, revient | Ne prédit pas la suite |
| Contexte | au bruit, au mouvement, après… | Association n’est pas causalité |
| Besoin | pause, éloignez, appelez… | Action à confirmer |
| Incertitude | je ne sais pas, autre chose | Toujours accessible |
Préparer le vocabulaire avec la personne
Demandez quels mots, images, gestes ou repères elle utilise déjà. Conservez son vocabulaire, même s’il diffère de celui de l’entourage. Un pictogramme “mal” peut signifier douleur, contrariété ou refus selon la convention personnelle ; il faut la vérifier.
Incluez des messages d’initiative et de contrôle : “écoutez-moi”, “arrêtez”, “ne me touchez pas”, “je veux quelqu’un d’autre”, “je veux expliquer”, “ce n’est pas ça”. Ils protègent la communication sans présumer du contexte.
Évitez d’afficher en permanence des hypothèses sensibles ou un historique. Les détails temporaires peuvent être ajoutés localement pour l’échange puis supprimés lorsqu’ils ne sont plus nécessaires.
Réagir à un message préoccupant sans le contester
Le partenaire accuse réception : il répète ce qu’il a compris et demande confirmation. Il arrête l’activité lorsque le message le demande et suit le canal d’aide ou d’urgence compétent prévu pour la situation. Il ne demande pas à la personne de prouver son inconfort avant de l’écouter.
S’il manque une information, posez une question à la fois et laissez l’option de ne pas savoir. Une série de questions rapides peut empêcher la personne de reprendre l’initiative.
Une communication préparée ne remplace jamais l’évaluation d’un professionnel ni les consignes d’urgence applicables. En présence d’un danger immédiat ou d’une situation préoccupante, utilisez les services compétents plutôt que ce guide.
Cas concret : bruit et inconfort pendant une activité
Pendant un atelier, la personne sélectionne “le bruit me gêne”, “je veux une pause” puis “dans un endroit calme”. L’animateur reformule et attend la confirmation avant de proposer deux lieux possibles.
La personne choisit l’un des lieux et conserve son support avec elle. L’accompagnant n’ajoute pas d’explication médicale au groupe. Il dit seulement que l’activité est interrompue et indique comment la personne pourra reprendre ou arrêter.
Après l’atelier, l’équipe note que le message “endroit calme” doit rester accessible dans cette situation. Elle ne conserve pas la conversation complète.
Transmettre un message sans perdre son auteur
Si un partenaire doit relayer le message, il distingue les mots de la personne de ses propres observations : “la personne indique…” puis “j’ai observé…”. Il ne fusionne pas les deux récits.
Le support peut montrer une synthèse validée par la personne, mais il ne doit pas envoyer automatiquement un dossier complet. Lorsque l’interlocuteur pose une question, la réponse revient d’abord à la personne concernée.
Le relais est arrêté ou corrigé à sa demande. La présence d’un accompagnant ne vaut pas autorisation générale de partager des informations.
Checklist avant une situation exigeante
- Mots personnels pour observation, emplacement, évolution et besoin.
- Options “je ne sais pas”, “autre” et “ce n’est pas ça”.
- Refus, arrêt et demande d’un autre interlocuteur accessibles.
- Échelle éventuelle définie avec des repères concrets.
- Canal d’aide prévu connu sans être présenté comme diagnostic.
- Support de secours disponible.
- Relais distinguant parole de la personne et observation du partenaire.
- Détails sensibles supprimés lorsqu’ils ne sont plus nécessaires.
Place de PictoVoice et limites
PictoVoice peut organiser un vocabulaire local, composer un message et utiliser la voix du terminal. Il ne mesure aucun symptôme, ne recommande aucun traitement et ne contacte pas automatiquement un service d’urgence.
Un tableau ne prouve pas qu’une formulation convient à toutes les situations. Le mode d’accès, les mots et la procédure de relais doivent être adaptés avec la personne et, lorsque nécessaire, avec les professionnels compétents.
Sources
- Augmentative and Alternative Communication (AAC) · American Speech-Language-Hearing Association · vérifié le 17 septembre 2026
- Convention relative aux droits des personnes handicapées — article 21 · Organisation des Nations unies · vérifié le 17 septembre 2026
- About AAC Systems · Communication Matters · vérifié le 17 septembre 2026
- Web Content Accessibility Guidelines 2.2 · W3C · vérifié le 17 septembre 2026
- Minimiser les données collectées · CNIL · vérifié le 17 septembre 2026